Tous les morceaux que joue Paris Taiko Ensemble sont des compositions de Tulga YESILALTAY. Dans la composition, Tulga respecte évidemment les principes de base du Wadaiko. Mais chaque morceau possède une identité, une influence, une histoire, une âme. C’est cela qui rend unique notre répertoire. Voici quelques morceaux et leur signification.

KIHON signifie « la base », les techniques et les rythmes de base du Wadaiko sont regroupés dans ce morceau. Kihon est bien particulièrement apprécié lors des prestations d’art-martiaux et des événements sportifs. Il est aussi utilisé comme référence pour l’enseignement aux pratiquants débutants.

KATA est créé en 2012, lors du festival des art-martiaux à Bercy, Paris Taiko Ensemble est chargé d’accompagner les 200 Karatéka pendant leur démonstration de kata. C’est un morceau aux rythmes réguliers, de temps à autre explosifs créant ainsi une sensation de «confort incertain » pour l’auditeur.

KYOJAKU veut dire « intensité », après son dernier stage au Japon, Tulga est rentré avec de nouveaux conseils et de nouvelles idées, il créa alors Kyojaku pour travailler les grandes (Don) et les petites frappes (Tsu). La difficulté réside dans la régularité des frappes et le respect du rythme, en général plus le son est fort plus on a tendance à accélérer. C’est un excellent morceau pour travailler le relâchement et le contrôle.

RAKUDA signifie «chameau » en japonais, ce nom atypique vient d’une phrase clé du morceau. La structure du morceau se base sur des rythmes orientaux, l’alternance des sons fait penser au dos du chameau. C’est lors d’une répétition qu’un membre a proposé cette appellation.

HASH HASH ce morceau est influencé par les rythmes du Reggae, suite aux rencontres dans le milieu musical, Tulga constate qu’il y a une certaine légèreté dans ce monde « Peace & Love ». Tout cela l’a fortement inspiré pour l’écriture de ce morceau.

OMOTE ou « l’apparence, la façade », l’origine de ce morceau est culturelle. C’est pour exprimer la pudeur et le comportement politiquement correct du peuple japonais que Tulga a créé Omote.

KAGAMI veut dire « miroir », le morceau est pensé comme un reflet d’image. On peut tout aussi bien le jouer en commençant par le début comme par la fin. Chaque « phrase » est divisible et se chevauche tout au long du morceau et c’est par l’aspect « question – réponse » voulu par Tulga que l’auditeur est invité à sa propre introspection.

TAIBOKU signifie « le vieil arbre », il s’agit de l’un des premiers morceaux de Tulga. Il s’est inspiré de l’histoire du roman « le vieil homme et la mer ». Pour lui, le Taiko est comme un océan tout aussi vaste et accueillant que périlleux. La pratique du Taiko demande beaucoup de discipline, de passion et de persévérance, tout comme la lutte de l’Homme dans l’amélioration de lui-même.

SAKAL  veut dire Univers en Cambodgien, c’est la dernière création de Tulga qui est encore en cours de perfectionnement. La musique, c’est une communication universelle, nous n’avons pas besoin d’être musicien pour en apprécier. C’est également un moyen d’expression à travers lequel Tulga s’exprime avec sensibilité et finesse sa vision de la vie.

Taiko signifie littéralement « grand tambour », c’est le terme le plus souvent utilisé à l’extérieur du Japon pour désigner cet instrument séculaire. Au pays du soleil levant, les japonais préfèrent le terme Wadaiko qui signifie « tambour japonais ». C’est le premier instrument de percussion japonaise à s’être répandu partout dans le monde. L’influence culturelle des pays voisins a contribué à la façon dont sont fabriqués les Taiko encore aujourd’hui. Le Taiko existerait au Japon depuis plus de deux mille ans, son utilisation moderne s’est développée à partir des années 1950. Les premières traces de son existence au Japon remontent au VIIème siècle.

A l’époque d’Edo, le Taiko était le seul instrument dont le son puissant couvrait les champs de bataille. Ainsi, il était utilisé pour le commandement des troupes et bien sûr pour intimider le camp adverse. L’un des Taiko utilisé par le Seigneur de Guerre Shingen Takeda (1521-1573) est encore préservé aujourd’hui au Japon.

Pendant des siècles, le Taiko rythme la vie des villageois, il annonce le retour des chasseurs au village, indique l’arrivée des tempêtes, etc… Dans la croyance populaire, le Taiko abriterait un Dieu, ses grondements ont toujours été associés au pouvoir divin. C’est la raison de sa présence dans les temples Bouddhistes et Shintoïstes.

Les années 1950 marquèrent la nouvelle ère du Taiko moderne, le jazzman Daihachi Oguchi en adapta hors des temples et des cérémonies, et en se fondant sur la composition des instruments de Jazz, il créa le premier  orchestre de Taiko. C’est ce que l’on appelle aujourd’hui: Kumi-daiko « taiko ensemble ». Il fonda ensuite le groupe Osuwa Daiko. Le deuxième groupe du Kumi-daiko fut Oedo Sukeroku Taiko, fondé en 1959 par Seido Kobayashi, ce fut également le premier groupe professionnel du Taiko.

Dans la tradition, le Taiko est régi par un code d’utilisation spécifique à chaque occasion. Aujourd’hui,  son utilisation est plus populaire et étendu, il existe autant de modèles que de styles dans la pratique du Taiko.

L’essence de bois utilisé pour le fût du Taiko c’est le « Keyaki » ou l’Orme de Sibérie (zelkova serrata), la peau utilisée est celle de vache et l’essence de bois pour les Bachi (bâton), c’est le cyprès de Hinoki (chamaecyparis obtusa).

La fabrication des Taiko peut demander plusieurs mois à plusieurs années de travail en fonction de la taille et de la qualité recherchée. L’intérieur du tronc est soigneusement sculpté, la peau est minutieusement étirée. Il s’agit d’un art ancestral qui se transmet de génération en génération.

Le Wadaiko est une discipline à part, de par sa rigueur dans la préparation, sa régularité dans les répétitions et surtout sa volonté d’harmonie entre passion et création.